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CINÉ – Herzog, ou la galère amazonienne

L’Amérique Latine fantasmée… terre de Cinéma rêvée par un cinéaste européen.

Werner Herzog, réalisateur Allemand, s’éprend de passion pour l’Amazonie et s’arme d’une détermination sans faille pour y réaliser ses films. Son obstination et la démesure de ses projets aboutissent sur des conflits de productions et des récits de tournages homériques. Qu’importe la manière! Herzog réussit et donne vie à deux films majeurs : Aguirre, la Colère de Dieu (1972) et Fitzcarraldo (1982).

Apocalypse Aguirre !

Autant le dire tout de suite,  on peut s’ennuyer en regardant Aguirre, la Colère de Dieu. Je pense que l’intention est ainsi de communiquer la sensation de pénibilité et de la longueur du voyage d’un groupe conquistador en pleine forêt amazonienne au XVIe siècle.

Aguirre, incarné par l’acteur Klaus Kinski, est un lieutenant complètement mégalomane. Il est persuadé qu’il peut retrouver la légendaire cité d’or d’Eldorado. Sans penser au chemin du retour, il prend le commandement d’une expédition bien mal équipée pour traverser l’Amazonie à travers jungle et fleuve sans fin.

Cette odyssée improbable semble surréaliste et nous fait perdre peu à peu toutes notions du temps et de l’espace. Hypnotisé, perdu, j’ai comme Aguirre eu l’impression d’être en prise avec des hallucinations lorsqu’apparait un bateau accroché au sommet des arbres en pleine forêt.

A titre de comparaison, j’imagine qu’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola doit beaucoup à Aguirre, la colère de Dieu. Il est d’autant plus intéressant de faire ce rapprochement quand on sait que le tournage de ces deux films fut tout aussi épique que leur sujet. Herzog en pleine forêt a du lutter contre l’humidité, les dangers et les crises de folie de son acteur incontrôlable Klaus Kinski.

Cela ne suffisait pas ?

1982, dix ans après le tournage d’Aguirre ou la Colère de Dieu, Herzog reprend la même équipe, le même acteur fou et s’en va tourner Fitzcarraldo dans l’Amazonie Péruvienne. Le film développe, là aussi, l’histoire d’un homme mégalomane et plein de projets dans un environnement qu’il ne maitrise pas.

Cet homme c’est Brian Fitzgerald. Il cherche à faire fortune et monte une expédition sur un bateau à vapeur en direction d’une zone arboricole prometteuse de la forêt Amazonienne. Arrive le moment central du film où cet homme fou décide de faire passer le bateau par-dessus une colline afin de rejoindre un autre cours d’eau. Ce qui devait se faire par maquettes et trucages fut abandonné et Herzog, par génie ou par folie, décide en pleine forêt Amazonienne de réellement faire passer le vapeur par-dessus la colline.

Fitzcarraldo est un film incroyable sur la folie et l’ambition humaine. Il existe finalement peu de films aussi exigeants et ambitieux tournés dans de telles conditions.

L’expérience Herzog !

Dans le cadre de ses films, J’imagine Herzog en combat perpétuel avec l’Amazonie pour venir à bout de ses projets. Tout comme les personnages qu’il met en scène, il est un humain cherchant à faire sa place dans un espace dominé par une nature hostile.

C’est très certainement cette position de l’humain subordonné à la nature qu’Herzog est venu chercher en Amazonie. Le fantasme européen de la grande forêt vierge s’est ainsi transformé en expérience concrète du Cinéma en Amérique du Sud.

Finalement, le véritable héros des films d’Herzog, c’est Herzog lui-même.

Aguirre, la Colère de Dieu – Fitzcarraldo – DVD disponibles chez Opening

Fiches IMDB des films :

- Fitzcarraldo

- Aguirre, la Colère de Dieu

A voir aussi, le film documentaire sur la relation houleuse entre Herzog et son acteur Klaus Kinski :

Auteur de l’article:

-Paul Bouchard-

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