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ART – La destruction artistique de Cyprien Gaillard

Dans le cadre de son exposition au Centre Georges Pompidou intitulée UR, Underground Resistance and Urban Renewal, Cyprien Gaillard, lauréat du dernier prix Marchel Duchamp, offre un large panorama d’images et d’inspiration venant des quatre coins du Monde, dont le Pérou.

L’oeuvre de l’artiste né à Paris en 1980 se concentre sur la trace laissée par l’homme dans son environnement et dans l’histoire.

À travers ses sculptures, peintures, gravures, photographies, vidéos et performances, Cyprien Gaillard applique particulièrement le précepte de Diderot selon lequel « Il faut ruiner un palais pour en faire un objet d’intérêt ». Ce qui rejoint le travail du peintre francais Hubert Robert, au XVIIIème siècle qui a consacré de nombreux travaux à la mise en ruines de villes et bâtiments comme Le Louvre via ce tableau intitulé « Vue imaginaire de la galerie du Louvre en ruine »:

C’est dans cette optique qu’en Mai dernier Gaillard transfère de Turquie à Berlin 72 000 bouteilles de bières en pack, placés en forme pyramidale pour une oeuvre appelée « The Recovery of Discovery ». Conçue pour que le visiteur grimpe sur les packs et consomme les bières, cette sculpture conduit inévitablement à sa propre destruction.

Cyprien GAILLARD explore « des questions telles que le vandalisme, la décadence des utopies modernistes et la spectacularisation de la nature » comme par exemple, la vidéo « Pruitt Igoe Falls » (2009) qui mêle en un fondu enchaîné la démolition nocturne d’une tour à Glasgow et l’illumination des chutes du Niagara:

Ou encore la série des Cairns (depuis 2007), photographies d’amas de gravois prises juste après la démolition d’immeubles dans le cadre de réhabilitations urbaines, qui reprennent les codes de la photographie de Düsseldorf – monumentalité, frontalité, absence de narration – tout en les poussant à leur stade ultime : au lieu d’un bâtiment moderniste arrogant, n’en subsiste plus qu’une pyramides de ruines.

Ou encore l’installation permanente de « La grande allée du Château de Oiron « , où ont été déversés des dizaines de tonnes de gravas issus de la démolition d’une tour d’Issy Les Moulineaux sur l’allée d’honneur du château Renaissance de Oiron (Deux-Sèvres). L’intervention de l’artiste amène le visiteur « à fouler les débris de l’utopie moderniste pour accéder à un monument du patrimoine »:

Cependant, dans un mouvement d’éternel recommencement, ces destructions s’accompagnent de renaissances, et Gaillard a commencé à créer son propre « parc aux ruines », constitué de monuments disséminés dans le monde comme par exemple cette sculpture en bronze d’un canard, ancien symbole du quartier de Beaugrenelle de Paris (XVeme) complètement abandonnée, qui retrouve un regain d’intérêt dans l’oeuvre de Cyprien Gaillard.

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